L’appel des salles obscures : « Much Loved »

On vous propose une plongée dans le Marrakech hors champ, loin des décors de cartes postales dont on a l’habitude : la place Jemae El-Fna et ses charmeurs de serpents, les dromadaires de la Palmeraie, la Menara, les souks… On en oublierait presque la face cachée de cette jolie vitrine du Maroc.

On avait entendu que le film « Much Loved » du réalisateur marocain Nabil Ayouch avait été mal accueilli avant même sa sortie en salle, les actrices et le réalisateur vilipendés sur les réseaux sociaux, le film interdit de diffusion dans son pays d’origine. On se doutait que filmer la prostitution au Maroc n’avait pas dû être chose facile, et on s’attendait vaguement à un film glauque et un peu déprimant.

D’où cette grosse claque bien revigorante au fond de notre fauteuil : c’est un film lumineux, où les femmes sont belles, fortes, vivantes. De vraies warriors ! Nabil Ayouch les filme avec tendresse, dignité, sans jugement aucun. Gros coup de coeur pour Loubna Adibar, qui joue Noha. Noha encaisse et se bat comme une lionne pour s’en sortir, pour pouvoir vivre sa vie comme elle l’entend dans une société qui lui rappelle constamment sa place de femme, et de prostituée. Elle est généreuse et à travers elle, on se lie d’amitié avec toute une galerie de personnages attendrissants : Soukaina, la pute romantique, Hlima fraîchement débarquée de sa campagne, Saïd le chauffeur… On est loin du « tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil », et les Français en prennent aussi pour leur grade ! Tel le regard sans détour de Noha, qui vous happe et ne vous lâche pas, ce film regarde le Maroc droit dans les yeux. La réalité est dure, et pourrait nous donner envie de détourner le regard. Mais c’est ce qui fait la beauté du cinéma : de nous faire entrer dans un univers complètement différent du nôtre, et de nous interpeller.

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On a adoré et on espère que vous aussi. Rendez-vous dans votre salle de ciné la plus proche !

Much Love from EtBadaboum

Jane for ever

Cette semaine, j’ai décidé de vous faire partager mon petit plaisir à moi, celui que je m’accorde une fois l’an, avec chaque fois plus de délice que les fois précédentes : relire « Orgueil & Préjugés » de Jane Austen. A notre époque 2.0 en mode Tinder, Adopte ou Instagram, où tout est posté, exposé, liké, swipé à tire-larigot, comment vous faire partager mon enthousiasme borderline obsessionnel pour ce roman anglais du 19e siècle, décrivant la vie d’une famille de la petite bourgeoisie qui tente désespérément de marier ses 5 filles pour éviter ruine et destitution ? Où rien n’est explicitement dit mais où tout est suggéré, croqué, avec subtilité et ironie ? Où il faut savoir lire entre les lignes ? Où l’imagination est reine ?

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L’intrigue est simple : Elizabeth Bennett, jolie jeune femme indépendante de caractère et vive d’esprit refuse de se marier si ce n’est par amour à un homme qu’elle aura choisi. Son destin croise donc la route de M. Darcy, homme riche et hautain qui possède la moitié du Derbyshire, « the miserable half », et la prend de haut dès leur première rencontre.

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Ici, les nuances de gris prennent vraiment tout leur sens : Jane (oui, nous sommes en « first name term » !) a cette façon si tendre mais tellement sarcastique de dépeindre chacun de ses personnages, de faire ressortir leur ridicule, leurs petits travers. Prenez la demande en mariage du cousin Collins, embarrassante à souhait mais tellement drôle. Ou Mme Bennet, la mère complètement hystéro obnubilée par une chose : marier ses filles.
Pour la note girl power, ce roman est surtout la critique acérée d’une société où tout est joué d’avance et surtout où les femmes n’ont pas d’autre choix que de bien se marier pour ne pas rester vieilles filles aux crochets de leurs parents. C’est toute la condition féminine d’une époque pas si lointaine disséquée sous nos yeux.

Que les gavé(e)s de la lecture se rassurent : le réalisateur anglais Jo Wright a réussi le pari d’adapter ce roman en un très joli film qui capte à merveille l’esprit du bouquin. N’hésitez pas à vous le mater sous la couette, plaquette de chocolat à portée de main.

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Car avouons-le-nous : quasi tout l’intérêt réside dans le personnage masculin principal ! Bien avant Mr Grey, Mark Darcy s’est posé là en fantasme de la gente féminine. Hautain, taciturne, sûr de lui, l’aura de mystère et d’agacement qui l’entoure titille notre curiosité et met tous nos sens en ébullition. En digne héritière de Jane, Bridget Jones avait bien compris le truc en se repassant en boucle la scène tirée de l’adaptation de la BBC où l’on voit Darcy sortir de l’eau la chemise mouillée et tomber sur Elizabeth ! Ainsi nous a été révélé Colin Firth. Mais c’est une autre histoire.

Car n’ayons pas peur de le dire, Jane avait en quelque sorte écrit les romans à l’eau de rose de son temps. De jeunes filles désargentées qui finissent par trouver l’amour réciproque au bras d’un beau parti fortuné, ça ne vous rappelle rien ? Sauf qu’ici, pas de mièvreries SM et d’orgasmes dégoulinants, à peine un contact physique (ce gros plan sur la main de Mr Darcy après avoir aidé Elisabeth à monter en calèche) et surtout pas un bisou, même volé. Jamais montré, toujours suggéré ! Seule une joute intellectuelle qui n’arrive pas à masquer l’attirance qui se tisse entre eux, culminant dans cette scène tellement maladroite et humiliante de déclaration d’amour made in Darcy. Que celles qui ne se la sont pas passées en boucle 125 000 fois lèvent la main ! So hot !

Parce qu’en VO, c’est encore plus caliente, même sans sous-titres !

Pour les plus accros, la BBC a aussi brillamment réussi l’adaptation télé en une mini-série de 6 épisodes de 50min, avec costumes d’époque et tout le tralala. On vous aura prévenus.
Alors pour résumer, un amour déclaré comme impossible par la société, deux caractères orgueilleux qui défont leurs préjugés et font mentir les mauvaises langues de leur époque pour finalement trouver l’amour… Avec l’hiver qui arrive, vous (re)prendrez bien une dose de Jane ?

Keep on dreaming with #EtBadaboum

 

 

Parfaitement Improbable !

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Au détour d’une rue calme du Marais, par les hasards d’une déambulation dominicale, on est tombées sur l’Improbable, ce petit « café » au nom parfaitement choisi. Les guillemets sont là car cet ancien garage colle plus à l’esprit bohème cosy typique de l’Est londonien que le café parisien traditionnel.

Ici des fauteuils dépareillés copinent avec une étagère en palettes, une table basse s’acoquine à une balancelle qui pend du mur et un rocking-chair bat la mesure dans son coin. Une banquette de coussins vous fait de l’oeil et invite à la détente à l’oriental. Des plantes vertes envahissent les murs et les toilettes donnent l’impression de s’être perdue dans un coin de jungle tropicale. Une décoration qui colle à l’esprit du nom.

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Et la cuisine n’est pas en reste : le food truck du groupe Bien Fait attire l’oeil dès l’entrée. Il vous propose les pistolets, ces petits sandwichs, spécialité de Bruxelles, en version chaude ou froide, ainsi que des salades.

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Au comptoir, vous aurez l’embarras du choix entre gâteaux maison (cheesecake, cookies, carrot cake…), boissons artisanales (limonades, jus de fruits à la pomme, poire, framboise…) et une sélection de thés et de cafés pour accompagner votre pause douceur. Vous aurez en prime le luxe de pouvoir choisir du lait de soja ou aux amandes. Le tout sur une bande-son bien sympathique qui colle bien à l’esprit du lieu.

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Parfait pour la pause déjeuner, le craquage gourmand ou le petit creux de 16 h, à des prix doux : une formule « pistolet » rapide à 10€, comprenant un sandwich et une salade. Pistolet seul : 8€. Desserts : de 3 à 5€. Boissons : de 2 à 4€.

Les produis sont bio et frais, à l’image de la bière parisienne artisanale qu’ils servent pour l’apéro. Le week-end, l’endroit propose aussi un brunch. On a pas encore testé alors n’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé.

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Une parenthèse improbable, à renouveler sans modération.

Love from #EtBadaboum

Plus d’infos :
Le Marais : 3-5 rue des Guillemites, 4e
Du mardi au dimanche, 11 h – 21 h
Retrouvez-les également sur Facebook et Instagram.

New York State of Mind

C’est votre première fois à New York, et vous avez moins de 6 jours pour croquer la Grosse Pomme ? Mais par où commencer ? Heureusement, Et Badaboum est là pour vous aider à résoudre ce casse-tête . Alors enfilez vos chaussures de running, et c’est parti.

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1/ Les taxis new-yorkais : tout commence et finit toujours par un taxi jaune. La tête à moitié sortie de la fenêtre, on ne sait plus où regarder : school buses jaunes, sirènes des ambulances, feux tricolores qui pendent du ciel, gratte-ciels… Torticoli garanti ! Les taxis se prennent aussi facilement que les hot-dogs au coin des rues de Manhattan, à consommer sans modération.

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2/ la High Line : leur Coulée Verte à eux ! Une ancienne voix ferrée transformée en jardin suspendu qui serpente entre les immeubles new-yorkais, du Meatpacking district à 34th street West. De la verdure, des fleurs, des points d’eau et des bancs pour vous prélasser et du street art sous toutes ses formes. Jeu de cache-cache et de perspectives avec l’Hudson en toile de fond et les gratte-ciels comme témoin. C’est beau, New York vue d’en haut.

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3/ Les boutiques vintage : On a adoré les petites boutiques vintage nichées au coeur de Chelsea et de Greenwich Village. L’embarras du choix et le vrai plaisir de fouiner pour dénicher la perle rare, l’adrénaline pure qui coule dans nos veines. On a craqué pour Star Struce Vintage Clothing, au 47 Greenwich Avenue, NY 10014, pour son choix éclectique et fourni aux prix doux, où on a croisé Ramzy, sans son Eric, qui cherchait des t-shirts rock vintage, spécialité de la maison. Mention spéciale aux boutiques de Brooklyn, autour de Bedford avenue.

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Devanture de la boutique vintage de Harold&Maud, au 592 Lafayette avenue, Brooklyn, métro Bedford Nostrand Avs (ligne G).

4/ La pause culture : Impossible d’y résister ! Le vendredi soir, le Moma est gratuit de 16 h à 20 h, et les audioguides offerts. On n’a pas réussi à comprendre comment ils marchaient, beaucoup trop high tech pour nous, alors on a juste ouvert bien grands les yeux pour apprécier les richesses présentées devant nous. Tout le gratin contemporain y est exposé, pas besoin de vous faire un dessin.

Le lendemain, rebelote : on a filé à la fondation Guggenheim, qui est sur donation de 17 h 45 à 19 h 45 les samedis après-midi. Un petit tour de queue plus tard et on a vécu la mise-en-abyme artistique totale : la spirale du bâtiment vous offre à voir les œuvres et à regarder les autres chalands admirer l’exposition temporaire. Au bout d’un moment, on ne sait plus qui regarde quoi regarder qui… Epoustouflant !

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5/ A table : Qui a dit qu’on mangeait mal aux States ? Pas à New York apparemment.

Pause déjeuner rafraichissante chez Just Salad : un bar à salades où vous avez le choix entre un menu d’une dizaine de salades ou de vous créer la vôtre selon l’humeur du jour. Les combinaisons sont infinies, des différentes types de salades proposés aux « toppings » possibles. Tout est frais, bio, sans OGM, découpé, assaisonné, mélangé devant vous… Et le bol qui arrive nourrit amplement 2 adultes affamés ! On attend avec grande impatience qu’ils viennent s’implanter en France.

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On s’est laissées tenter par les étals du Gansevoort Market, marché couvert abritant une multitude de cuisines locales et du monde. Tous les sens sont en effervescence, on ne sait par où regarder, quoi goûter. Ce marché est à deux pas du Chelsea Market, plus grand et plus réputé, mais on a préféré le Gansevoort, beaucoup plus fun et intimiste.

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On a craqué pour un burger et un milkshake chez Shake Shack ! Ils sont nombreux, les fast-foods de New York à se disputer la palme du meilleur burger de la ville, et Shake Shack n’a pas usurpé son statut de tête de peloton : le burger est goûtu et saignant à souhait, les portions sont à taille européenne, les frites sont curly et dorées à point, et le milkshake juste à tomber. Perso, je n’ai rien pu avaler du reste de la journée ! Toujours aucune ouverture parisienne prévue alors pour celles&ceux qui en ont l’occasion, rattrapez-vous lors de votre prochain week-end londonien pour aller tester le Shake Shack de Covent Garden, un des seuls sur le territoire européen. Pour combien de temps ?

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Chez Bagelsmith, à Brooklyn, on s’est amusées à customiser notre bagel : aux graines de sésame, de pavot ou classique, avec pastrami, cream cheese et saumon ou tout simplement végétarien, à moins que ce soit la version sucré qui l’emporte, tout est permis et l’imagination n’a pas de limites…

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5/ Le week-end à Brooklyn: On a suivi Miranda et quitté Manhattan le temps d’un week-end pour aller nous promener du côté de Williamsburgh. Alors oui, on confirme que la vie est douce à Hipsterland, loin du tumulte de l’île, et qu’on est tombées sous le charme de ses petites rues typiques à l’américaine, de la tranquillité de ce quartier coloré et des multiples trésors dont il regorge.

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Direction chez Juliette, une des bonnes adresses de Brooklyn : des plantes partout, des pubs françaises qui vous font de l’oeil, un ventilo au plafond, une terrasse de toit… on s’est crues transportées quelque part du côté de la Nouvelle-Orléans. Petite déception, ils ne font pas de brunch le dimanche mais ils se rattrapent par une alléchante sélection de breakfasts et de pancakes au sirop d’érable. On a fini par se décider pour une galette de pommes de terre au saumon fumé : les assiettes sont copieuses et c’est très bon. Par contre, le café est un véritable jus de chaussettes !

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On s’est baladées le long du front de mer d’où on a admiré la vue sur Manhattan – Street art et graffiti n’en finissent plus d’égayer les murs et les trottoirs du borough…

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On a flâné le long des étals du marché couvert « Artists and Fleas » qui prend ses quartiers le week-end à Brooklyn sur North street, et au Chelsea Market le reste du temps. Bijoux, vêtements, affiches, vinyls… le parfait bric-à-brac pour rapporter les cadeaux et souvenirs de dernière minute.

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Mais notre vrai coup de coeur a été pour le Brooklyn Flea Market, « l’authentique » marché aux puces de Brooklyn, sur un espace ouvert immense face à Manhattan. Une véritable caserne d’Ali Baba où cohabitent pêle-mêle vêtements vintage, objets de déco, plantes, bijoux… le  tout dans un joyeux désordre et les prix sont plus abordable et vraiment négociables.

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6/ Les incontournables : On ne pouvait pas quitter New York sans passer par les endroits mythiques qui font la ville. Même si on s’est endormies sur cette vue, et qu’on s’est réveillées avec cette vue,

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et qu’on aurait pu passer la journée au 18e étage de notre hôtel pour regarder la vie new yorkaise littéralement passer sous nos pieds
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On avait quand même des choses à voir :

Time Square la nuit

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Grand Central station – Tant de beauté et de grandeur réunies en un même endroit…

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Le mythique subway

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Le haut du Rockefeller Center : 45sec de montée avant de se retrouver nez à nez avec une vue époustouflante de l’île

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Le pont de Brooklyn

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Alors, non, on a pas eu le temps pour la messe à Harlem, le rooftop (je sais, la loose, surtout que tout le monde n’a que le 230 à la bouche !) ou les clubs de jazz de Brooklyn. Mais on a convoqué une dernière fois l’esprit de Sex and The City, de Woody Allen, de Paul Auster, de Spike Lee et de tous ceux qui nous font vivre New York depuis toujours. Et on s’est dits qu’on reviendrait, obligé !

Et vous, c’est quoi, votre New York à vous ?

Love