On s’est offerts un petit bol d’air en nous échappant à Marseille le temps d’un week-end. C’était notre première fois, car la visite éclair de 2002 où notre père nous y avait traîné pour un salon de la carte postale compte pour du beurre. On en avait gardé le souvenir d’une ville un peu cracra et défraîchie qui ne semblait décidément pas vouloir rendre gloire à sa beauté millénaire.
On revient donc avec cette impression dans un coin de la tête et on tombe sous le charme d’une ville toute pomponnée, joliette, qui affiche fièrement ses mille graffiti, ses dégradés de bleu et d’ocre, les camaïeux de vert… et son ciel et sa mer immenses illuminés du soleil provençal. Quoi de mieux pour faire nos touristes, le nez au vent ?
On avait déniché un Air BnB sur le cours Julien, sans trop savoir où on s’aventurait…
On s’est retrouvées super bien situées en hauteur avec une vue exceptionnelle sur Notre-Dame-de-La-Garde et la bonne ville de Marseille. Le cours Julien est peuplé d’artistes et de créateurs qui ont réinvesti les lieux. Bars, restaurants et cafés nous font de l’oeil, mais on a nous a recommandé La Cantinetta, le « meilleur rital de la ville ». Bonnes élèves, on suit et on est pas déçues du voyage.
Le menu est un poème qui décline les pâtes à l’infini. Le vin naturel « qui ne donne pas mal à la tête » est servi en carafe et laissé à décanter sur la table. C’est bio, c’est frais, c’est délicieux et ça fond sur la langue. Devant le succès du lieu (réservation impérativement conseillée pour éviter toute déception), on a dû opter pour dîner al fresco dans la cour sous l’oeil bienveillant de serveurs aux petits soins. Mais c’était vraiment sans regrets.
Le lendemain, sans gueule de bois donc, on part explorer la ville en mode touristes : le Vieux Port, le Panier et ses ruelles toutes mignonettes, le Mucem, le Palais du Faro…
Au détour d’une rue, on tombe sur la Coquette, une petite perle de boutique dépôt-vente vintage. Des chaussures aux petits hauts, en passant par la robe cocktail, les accessoires et même des objets déco et des vêtements pour enfants, il y a mille et un trésors à dénicher, de la pièce vintage au vêtement de marque haut de gamme. L’espace est joliment arrangé en mode appart de ta meilleure pote/boudoir de la grande-tante où il y a des malles à fouiller, un canapé pour se délasser et les vêtements classés par taille. Les autres clientes vous demandent votre avis sur ce qu’elles essaient et vous donnent le leur en retour. Un joyeux partage orchestré par la maîtresse des lieux qui vous accueille chaleureusement.
L’aprème se finit par un apéro sur le cours d’Estienne d’Orves avant de nous diriger vers le Panier et chez Etienne, rue de Lorrette.
Chez Etienne, on ne réserve pas. C’est simple, ils n’ont pas de téléphone. Pas de site Internet non plus. On se pointe et on attend gentiment avec les 15 autres péquins qui traînent dans les pattes des serveurs qu’une table se libère. Une fois la nappe de papier et la panière installées, les choses sérieuses peuvent commencer.
En entrée, vous avez le choix entre la pizza aux anchois et la pizza au fromage, ou un mélange des deux. Ca tombe bien, on n’aime pas choisir. Puis on passe aux choses sérieuses avec le pavé de boeuf à partager là encore selon le nombre de convives. On ne vous demande pas votre avis sur la cuisson : le pavé arrivera saignant et coupé en gourmandes tranches, accompagné de pommes de terres en sauce et d’un saladier de frisée. Chez Etienne, c’est comme à la maison, mais en mieux, parce que ce n’est pas vous qui faites la cuisine.
On a agrémenté le tout de la bouteille de rouge premier prix de la carte, et même ça, notre ami Nicolas n’aurait pas pu rivaliser. Repues, aux anges, à deux doigts de mourir de bonheur, on a craqué pour la tarte aux pommes maison. Vous nous en direz des nouvelles ! On y a repensé rêveusement tout le TGV du retour, en dégustant notre sandwich tranches de pavé de boeuf/mayo…
C’en était fini de cette escapade marseillaise qui nous a donné un énorme goût de reviens-y. La prochaine fois, on promet, on vous parlera de Notre-Dame-De-La Garde, de la cité radieuse, de la Friche Belle de Mai et des calanques d’En-vau. On vous dira aussi si on a trouvé une bonne boulangerie sur Marseille, parce que pour le moment, on a fait chou blanc. Alors, d’ici là, on attend vos recommandations et bons plans. C’est quoi, votre Marseille à vous ?
Keep on dreaming with EtBadaboum




































































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